This Lake is Pointless

● Music
This Lake is Pointless
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[original text written in English (by a German person) / texte original écrit en anglais (par un allemand)]

„This Lake Is Pointless“ a statement made by Mr. Anton Garber boywonder of the Modern Talking of our time - PUFF, regarding a puddle in the countryside of Bourgogne / France during the beautiful festival of Cour Denis.

The title of this third studio album, which The Staches recorded on their own with a Tascam - 4track and a computer, in their chosen home of Leipzig / Germany also refers to their original home - the city of Genève, its beautiful lake and pathetic fountain. The fact that they left these comforting, clean streets of their wealthy home to fully dedicate their carcasses to play and record a very own brand of emotionally challenging synth guitar „Rockmusic“ also leads me to alternatively (and more accurately) name this record: „ Tales Of Exile And Isolation“. I mean you can really hear them going out of their minds zoning stoned during a nasty winternight recording just to see the sun arise to an equally dark and grey day. Sounds depressing? Yes! But this record is everything but depressing because it has a very forgiving, conciliatory quality that I am looking for in a lot of music.
Speaking of depression - the opener The Great Depression is just as bold as a Pernod on ice splashed right into your face (by your fav. bartender), the first words „The great depression - EmotionaI competition“ (followed by a german „Eins Zwei Drei Vier“ that in its bored dumbness reflects perfectly how annoyed you can get by the language that you are supposed to learn after living for some time in your new home) sung with that not hidden at all French accent always kills me right away. Followed by the laid back, groovy Burger King - drive - thru hymn Fake Stomach Ache, which features deliciously dry drums, a thick leading bassline, accompanied by a toyish sounding synth and a nice flat sounding Marchand (yes that is someone of the band) signature guitar. Again great lyrics and multiple voices adding up to the general theme of desperation and winter loneliness. A single great line sums up the whole phenomenon of Neo -Hippie - Techno - MDMA bullshit that you can refer to immediately if you have ever been at a club, an afterhour or just happen to live in a big ,hip (german) city „Living in the work zone, feeling low, living the same day, every day, the same day after a night of drugs and no idea of who or what to blame“. I could read a big deal of criticizing modern society and yourself as part of it in all of this, but it’s never delivered in a dogmatic way and not too hidden as well, which is not easy to achieve.
Thank God For Mc Donald’s is a very good title and a very good song indeed. Surprised to learn that these fellow Switzerlanders never got introduced properly to Sonic Youth, I still tend to find a lot of their momentum in the Staches’ compositions. Especially in the closing instrumental intro of Hummus, a stoic and acceptingly told story of a date that almost didn’t happen „ Sitting at the table and I know she won’t arrive - The dish is cold and I am almost out of fries“ sung with a little accent that I’d file under fake - british - punk, but doesn’t annoy. As you may have already realized you made it till the namedropping part of this review and I cannot let you get through it before mentioning Parquet Courts and Mastodon, decide for yourself. But you can def. hear how they are influenced by a lot of Australian stuff as the likes of Hierophants or UV Race (there is even a song called VW Race, and the last record was mastered by Mickey Young - ok, yes this guy is mastering EVERYTHING, but this is still cool!) and equally electronically enhanced 80s German Wave, No Wave or New Wave music. The band is probably almost as annoyed by these comparisons as by being referred and thereby reduced to a female act, girl punk or feminist outfit (I will officially refer to them as Male Punk here so this probably won’t make it to the final version).

Especially enjoyable are all the little things going on before after or in-between the songs and the ironic touch towards handling the own persona - see Money In My Veins dealing with the curse and blessing of coming from one of the richest countries in the world. This record for sure doesn’t wear off fast, it rather grows and doesn’t get boring, especially the depths of dealing with undealt emotions and the obligatory heartbreak make this really interesting and referable especially after a couple of times listening to it. „Allrighty dudskies, en voiture Simone and to Victory Middlesbrough!“

So sincerely yours -
Marian Bodenstein
January 2019, Leipzig

[ texte original écrit en anglais (par un allemand) / original text written in English (by a German person)]

"This lake is pointless" [«Ce lac est inutile»], une déclaration de M. Anton Garber, merveille de garçon du discours moderne de notre temps - PUFF, concernant une flaque d'eau (un étang) dans la campagne de Bourgogne, en France, lors du beau Festival de la Cour Denis.

Le titre de ce troisième album studio, que The Staches ont enregistré seul avec une Tascam 4 pistes cassette et un ordinateur, dans leur maison choisie de Leipzig, en Allemagne, fait également référence à leur maison d'origine - la ville de Genève, son magnifique lac et sa fontaine pathétique. Le fait qu'ils.elles aient quitté ces rues réconfortantes et propres de leur riche foyer pour consacrer entièrement leurs carcasses à jouer et enregistrer leur propre marque de guitare-synthé-émotionnellement-stimulante-«Rockmusic» m'amène également à nommer alternativement (et plus précisément) ce disque: « Contes d'Exil et d'Isolement ». Je veux dire, tu peux vraiment les entendre devenir fous et folles, à zoner défoncés pendant une méchante nuit d'hiver, enregistrant juste pour voir le Soleil se lever pour un nouveau jour tout aussi sombre et gris. Cela semble déprimant? Oui! Mais ce disque est tout sauf déprimant, car il a une qualité très indulgente et conciliante que je recherche dans beaucoup de musique.

En parlant de dépression - le morceau ouvrant l'album, The Great Depression, [La Grande Dépression] est tout aussi audacieux qu'un Pernod avec glaçons directement jeté au visage (par votre barman préféré). Les premiers mots "The great depression - EmotionaI competition" [La grande dépression - Compétition émotionnelle] (suivi d'un allemand "Eins Zwei Drei Vier" qui, dans sa stupidité blasée, reflète parfaitement à quel point tu peux être blasé par la langue que tu es censé apprendre après avoir vécu quelques temps dans ta nouvelle ville) chanté avec cet accent français pas caché du tout me tue toujours tout de suite. Suivi par l'hymne décontracté et groovy du style Burger King - drive-thru Fake Stomach Ache, qui présente une batterie délicieusement sèche, une ligne de basse épaisse, accompagnée d'un synthé qui sonne comme un jouet et d'un son de guitare joliment plat signé Marchand (oui, c'est quelqu'un du groupe). Encore une fois, de belles paroles et des voix multiples s'ajoutant au thème général du désespoir et de la solitude hivernale. Une seule superbe ligne résume tout le phénomène de la connerie Neo -Hippie - Techno - MDMA auquel tu peux te référer immédiatement si tu as déjà été dans un club, après pas d'heure ou si tu vis simplement dans une grande ville branchée (allemande). "Living in the work zone, feeling low, living the same day, every day, the same day after a night of drugs and no idea of who or what to blame" ["Vivre dans la zone de travail, se sentir déprimé, vivre le même jour, tous les jours, le même jour après une nuit de drogues et aucune idée de qui ou quoi blâmer"]. Je pourrais lire beaucoup de critiques de la société moderne et de soi-même en tant que partie intégrante de tout cela, mais cela n’est jamais livré de manière dogmatique, ni trop caché non plus, ce qui n’est pas facile à réaliser.

Thank God For Mc Donald’s est un très bon titre et une très bonne chanson en effet. Surpris d’apprendre que ces compatriotes suisses n'ont jamais été correctement présenté.e.s à Sonic Youth, j’ai encore tendance à trouver une grande partie de leur élan dans les compositions des Staches. Surtout dans l'intro instrumentale de clôture de Hummus, une histoire stoïque et acceptée d'un rendez-vous qui n'a presque pas eu lieu "Sitting at the table and I know she won’t arrive - The dish is cold and I am almost out of fries" ["Assis à table et je sais qu'elle n'arrivera pas - Le plat est froid et je n'ai presque plus de frites"] chanté avec un petit accent que je classerais sous faux - britannique - punk, mais ne dérange pas. Comme tu l'as peut-être déjà réalisé, tu as atteint la partie "name-dropping" de cette critique et je ne peux peux pas te laisser la passer avant de mentionner Parquet Courts et Mastodon, décide par toi-même. Mais tu peux définitivement entendre les influences de beaucoup de trucs australiens comme Hierophants ou UV Race (il y a même une chanson appelée VW Race, et le dernier disque a été masterisé par Mickey Young - ok, oui, ce gars masterise TOUT, mais ça est toujours cool!) et, tout aussi électronique, de la Wave, No Wave, New Wave allemande des années 80. Le groupe est probablement presque aussi ennuyé par ces comparaisons que d'être référencé et ainsi réduit à un groupe féminin, girl punk ou féministe punk (je les appellerai officiellement Male Punk ici, donc cela ne sera probablement pas retenu dans la version finale).

Particulièrement agréables sont toutes les petites choses qui se passent avant ou entre les chansons et la touche ironique pour gérer sa propre personnalité - voir Money In My Veins traitant de la malédiction et de la bénédiction de venir de l'un des pays les plus riches du monde. Ce disque ne se dissipe pas vite, il grandit plutôt et ne devient pas ennuyeux, en particulier la profondeur de la gestion des émotions inexplorées et le chagrin obligatoire le rend vraiment intéressant et référençable, surtout après l'avoir écouté plusieurs fois. «Okay les "dudskies", en voiture Simone et vers la victoire Middlesbrough!»

Si sincèrement vôtre -

Marian Bodenstein

Janvier 2019, Leipzig

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Artwork
WHERE
Leipzig, Germany
WHEN
2019-03-01
Engineers